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Catholicisme

Chine: un évêque refuse de présider une ordination illicite

[Vidéo] Pékin souhaite que Mgr Paul Pei Junmin préside, le 14 juillet, une nouvelle ordination d'évêque sans mandat du Vatican. Mais l'évêque officiel du Liaoning refuse désormais de s'y rendre, par fidélité au pape. Reportage multimédia exclusif à Shenyang où 70 prêtres font bloc autour de lui pour l'empêcher d'être emmené de force...

 
Mgr Paul Pei Junmin prêche dans sa cathédrale de Shenyang le 10 juillet 2011.|| Jordan Pouille Mgr Paul Pei Junmin pose avec les prêtres de son diocèse qui le soutiennent.|| Jordan Pouille Mgr Paul Pei Junmin salue les fidèles devant la cathédrale de Shenyang.|| Jordan Pouille La cathédrale de Shenyang, dans le Nord-Est de la Chine.|| Jordan Pouille

 

"Depuis la messe, les gens du Bureau des Affaires religieuses savent que vous êtes là", chuchote-t-on dans l'entourage de l’évêque Pei Junmin, qui me reçoit en me prenant les mains. Le sourire figé, cinq hommes en bras de chemise l’encerclent et lui suggèrent de retourner au presbytère. Un 4x4 de la police de Shenyang est stationné devant. Des Audi A6 noires aux vitres fumées, les voitures de fonction des officiels chinois, recouvrent le parvis de la cathédrale du Sacré Cœur, adjacente. La vigilance est maximale. Dans mes mains, un morceau de papier dactylographié, caché entre deux images pieuses: "Ce n’est pas le bon moment pour se voir. Je vous envoie le Père X... pour vos questions".

Monseigneur Paul Pei Junmin, 43 ans, est depuis cinq ans l’évêque officiel de la province du Liaoning, au Nord-Est de la Chine. Il jouit également du soutien du Saint-Siège. Mais en novembre dernier, il était amené de force par les autorités chinoises, afin de consacrer le nouvel évêque de Chengde, sans mandat papal. L’histoire risque de se répéter ce jeudi 14 juillet, à Shantou, dans la province du Guangdong, avec l’ordination de Huang Bingzhang. Beaucoup d’autres sont annoncées.

Le Vatican a durci le ton contre les ordinations illégales

De fait, les rapports entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois se sont considérablement durcis. La semaine dernière, le Pape prononçait l’excommunication de Paul Lei Shiyin, ordonné le 29 juin à Leshan, dans le Sichuan, sans mandat papal. 

Le Vatican ajoutait aussi que "les évêques ayant participé à cette ordination illégale s’exposeraient à de sérieuses sanctions". Entendez l'excommunication, la mise au ban de l’Église romaine. "Le Vatican veut désormais être très ferme car il apparaît que des évêques officiels chinois disent lui obéir mais acceptent bien volontiers les recommandations du gouvernement chinois", estime une source proche de Rome. 

Et de préciser que Paul Pei Junmin a trop longtemps joué avec le feu. "Il est allé au huitième congrès national des représentants de l’Eglise catholiques à Pékin, en décembre dernier, où il s’est fait élire vice-président de la Conférence des Evêques. Il est aussi l’un des deux évêques ayant supervisé le choix du nouvel évêque de Shantou, que le pape désapprouve".

D'autres évêques kidnappés

Mais aujourd’hui Paul Pei est formel. "Il ne souhaite pas se rendre à Shantou. Cette fois-ci, il a le soutien formidable de soixante dix prêtres du diocèse du Liaoning et il se sent assez fort pour résister", a confirmé un de ses proches dimanche matin, en sortant de la messe. Profitant d’une formation à Shenyang, ces prêtres ont en effet choisi de rester sur place, pour faire barrage aux autorités… et s’assurer que Paul Pei tiendra sa parole. Ailleurs, les évêques attendus à Shantou ne bénéficient pas d'autant de protection. Quatre évêques de la province du Guangdong ont été enlevés par la police ces derniers jours, a-t-on appris ce lundi.

Le dimanche, la cathédrale du Sacré Cœur de Shenyang, construite par les Missions étrangères de Paris au XIXe , est toujours pleine à craquer (voir la vidéo). Ici l’évêque jouit d’une notoriété digne d’une vedette de télévision. A la fin de la messe, les femmes se précipitent pour toucher sa chasuble de soie verte, conformément à l'Evangile dans lequel une femme effleure le manteau de Jésus dans l'espoir d'être guérie. Et sur son passage, les prêtres distribuent des photos du jeune évêque dans ses habits ecclésiastiques.

Ici, la majorité des fidèles ignorent cette vague d’ordinations illicites et des tensions ravivées entre le régime et le Saint-Siège. L’un d’eux: "Nous prions pour la paix au sein de l’Eglise chinoise. C’est tout ce que nous pouvons faire".

L'Eglise catholique officielle, sous influence de Pékin, compte aujourd'hui six millions de fidèles. Des spécialistes estiment que les pratiquants au sein de l'Eglise clandestine sont aussi, voire deux fois plus, nombreux.


Chine: un évêque officiel refuse de présider une... par La_Vie_hebdo



Réactions (1)

croyant
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2

Bravo pour cet article qui montre comment la Chine traite l'église catholique.Bravo au journaliste qui a pu approcher cet évêque courageux et ,malgré la police,pouvoir produire un tel article qui nous éclaire,nous européens qui devons nous intéresser à ce pays qui ,imperceptiblement,impose sa conception de la vie sociale et religieuse."La Chine s'est bien éveillée"....souvenir d'un ouvrage paru il y a plusieurs années.

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